Associations humanitaires : toujours là !

Sur le terrain. Encore et toujours ! Les associations humanitaires et caritatives de Bourgogne-Franche-Comté n’ont jamais baissé les bras, même au plus fort de la crise.

Débordées, les associations caritatives et humanitaires ont fait front durant toute la crise sanitaire. Aux quatre coins du territoire, les bénévoles ont livré des colis, soulagé le personnel soignant, recueilli les sans-abris, accompagné les victimes de violences conjugales en forte augmentation … Dans des conditions souvent très compliquées. La plupart des bénévoles associatifs sont âgés et ont dû rester chez eux. Il a fallu s'adapter à ce manque de main d'œuvre. La crise a également asséché une partie des ressources des associations (arrêt des collectes, des braderies...). Et parallèlement, les demandes d'aide d'urgence ont augmenté. Mais elles ont fait front et continuent de le faire. Respect.
 

Chaque semaine, la Banque alimentaire de Franche-Comté livre 50 tonnes de denrées

Créée pour lutter contre le gaspillage alimentaire et venir en aide aux plus démunis, la Banque alimentaire de Franche-Comté collecte des denrées  dans les départements du Doubs, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort, les trie dans ses entrepôts de  Besançon, Montbéliard, Etupes, Vesoul et Pontarlier et les redistribue à 88 partenaires  (associations, centres communaux d’action sociale, épiceries solidaires…).
Avec la crise sanitaire, cette association « grossiste » de l’aide alimentaire a dû revoir complètement ses méthodes de travail. « Depuis le début du confinement, nous avons livré 50 tonnes de produits alimentaires par semaine, indique Michel Jeannin, chargé de communication de la Banque alimentaire. Mais beaucoup moins de produits frais issus de la ramasse, par manque de bénévoles, d'équipements et de consignes pour assurer leur sécurité, et beaucoup plus de produits secs manipulables plus aisément. Or ces denrées sont issues du stock de la collecte de novembre dernier, censé durer jusqu'en décembre prochain… »

À Dijon, plus de 5 000 heures de bénévolat à la Croix Rouge

Incontournable, la Croix Rouge Française a multiplié les actions. Rien qu’en Côte-d’Or, 350 bénévoles se sont mobilisés, dont 244 sur la métropole dijonnaise. L'activité principale concernait la conciergerie. Appelée «Croix-Rouge chez vous», il s'agissait de portage d'aide alimentaire ou d'hygiène auprès de personnes isolées, précaires, malades ou en situation de handicap.
Le SAMU social a évidemment continué ses maraudes tous les soirs de 19 heures à 22 heures, pour apporter un soutien aux personnes sans domicile fixe. Ce sont entre 30 à 40 bénéficiaires qui étaient rencontrés chaque soir à Dijon (au lieu de 50 à 60 en période normale).
La section jeunesse s’est quant à elle lancée dans un projet de soutien aux professionnels de santé mobilisés durant cette crise sanitaire. Elle a récolté près de 200 kg de chocolats et 180 tubes de crème pour les mains, qu’elle distribue aux équipes du SMUR et du SAMU de Dijon, à SOS Médecin …


 

En Haute-Saône, les Restos du Cœur nourrissent 2 759 personnes

Pour les 320 bénévoles des Restos du Cœur de Haute-Saône, le début du confinement mi-mars a coïncidé avec le lancement de la campagne d’été d’aide alimentaire. Les 14 centres du département ont concentré leur activité sur les distributions de repas, moyennant quelques adaptations. « Avant, un bénévole accompagnait le bénéficiaire pendant les différentes étapes de la distribution. Désormais, on leur donne directement des colis ; les bénéficiaires restent à l’extérieur »  précise Jean-Michel Gatey, le responsable départemental. En Haute-Saône également, les effets sociaux de la crise se font déjà sentir : « Les inscriptions ont été plus souples vu les circonstances et on note une augmentation du nombre de personnes accueillies. » Aujourd’hui, les Restos fournissent des repas à 1 263 familles haut-saônoises, soit 2 759 personnes.

À Sens, l’épicerie sociale fait face

Ils ont dû faire des choix : des 40 bénévoles habitués à venir prêter main forte, l’épicerie Magali Sens, dans l’Yonne,  s’est retrouvée dès le début du confinement à… 6 personnes mobilisables. « Une dizaine de personnes, en chômage partiel, nous ont rejoints, mais ça ne suffit pas, car les demandes ont explosé » indique Angélique Bouillot, la directrice. La confection de colis de dépannage de produits de première nécessité est passée de 18 à 86 dès les premiers jours. « On a dû prioriser, en privilégiant les familles les plus en difficultés, envoyées par les assistantes sociales. Nous avons aussi ciblé les personnes âgées ou en situation de handicap. » Peu nombreux, les bénévoles se sont démenés comme jamais. La structure a néanmoins dû revoir ses horaires d’ouverture, et ferme désormais l’après-midi. « On vit et on agit à la semaine. Les personnes en chômage partiel doivent reprendre leurs activités. Et nos bénévoles ne sont pas revenus. Ils ont peur du virus, toujours présent. » L’association fait un nouvel appel à bénévoles.

Le Secours populaire du Jura a pu compter sur de nouveaux bénévoles

Dans le Jura, le Secours populaire a lui aussi dû faire face à une explosion des demandes d’aide alimentaire d’urgence : + 40 % à l’échelle de la Bourgogne-Franche-Comté. De nombreux bénévoles âgés étant indisponibles, une quinzaine de jeunes volontaires ont rejoint l’association pour prendre le relais. Mi-avril, 2 554 personnes avaient ainsi déjà bénéficié de colis alimentaires, dont 1 174 enfants. Le Secours populaire du Jura a également mis en place des actions spécifiques, comme le portage des devoirs pour les élèves qui n’ont pas accès à internet ou la création d’une cellule d’écoute animée par quatre psychologues (photo ci-dessous). « Nous sommes sur le terrain et nous allons continuer, assure Michaël Nasom, responsable départemental. Mais nous avons été coupés de nos ressources habituelles (braderies, brocantes, lotos) et nous avons donc besoin de dons financiers pour continuer à faire vivre la solidarité auprès des familles et des enfants. »

En Saône-et-Loire, 30 % de hausse des différends familiaux

Le constat est le même qu'un peu partout en France : en Saône-et-Loire, durant le confinement, les forces de l’ordre ont constaté une augmentation de 30 % des interventions liées à des différends familiaux. France Victimes 71 a enregistré 101 nouvelles situations de violences physique et/ou psychologique et 1 500 entretiens se sont tenus en visio-conférence ou par téléphone. L’association dispose d’une équipe à Mâcon et d’une autre à Chalon-sur-Saône. Durant le confinement, elles ont effectué des points de situation chaque semaine avec tous les partenaires (police, gendarmerie, hôpitaux, réseaux violences intrafamiliales, services sociaux…) afin d’accompagner au mieux les victimes. Des contacts réguliers étaient effectués auprès des victimes de violences qui disposent d’un « téléphone grave danger », et des mails étaient envoyés aux victimes de violences conjugales séparées de leurs conjoint(e)s.

Emmaüs lance un appel aux dons : une première en 70 ans

Emmaüs

Les communautés Emmaüs lancent un appel aux dons. Elles ne l'avaient jamais fait depuis leur création en 1949 par l'abbé Pierre. Mais avec le confinement, elles ne pouvaient plus faire de la récupération et de la revente. C'était leur seule source de revenus pour venir en aide aux plus démunis.
En Bourgogne-Franche-Comté, des communautés existent dans les villes de Besançon, Montbéliard (25), Vesoul (70), Dijon, Planay (21), Pontigny (89) et Étang-sur-Arroux (71). Des communautés des amis sont également implantées à Ornans, Pontarlier, Morteau, Le Russey (25), Saint-Claude (39), ainsi qu’à Paray-le-Monial et Chalon-sur-Saône (71).
Certaines communautés sont dans une situation financière difficile. Vesoul est le centre le plus en difficulté de la région. Il comprend trois sites, cinq salariés et 28 compagnons. « On n’avait déjà aucune marge de manœuvre avant la crise, avoue Kujtim Metushi, responsable de la communauté vésulienne. On a besoin de 40 000 euros par mois pour fonctionner et payer les repas, les charges, les allocations des compagnons. » La communauté a reçu en avril un don de 40 000 € d’Emmaüs France et de 20 000 € de celle de Montbéliard. Les magasins de Vesoul et de Luxeuil vont rouvrir samedi 16 mai. Un ouf de soulagement pour Kujtim Metushi et ses camarades qui vont de nouveau pouvoir faire entrer de l’argent dans les caisses.
Une communauté coûte entre 800 000 et un million d’euros par an. Avec son appel aux dons, Emmaüs France espère récolter cinq millions d’euros pour passer le cap des trésoreries et poursuivre ses activités. La Région Bourgogne-Franche-Comté dit « être attentive au sujet ».

Pour soutenir Emmaüs France, cliquez ici.

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