Et si demain, pouvoir accéder à une alimentation saine et de qualité devenait un droit, au même titre que se soigner ? Première Région de France à s’engager à cette échelle, la Bourgogne-Franche-Comté a lancé ce mardi 15 septembre, à Lons-le-Saunier, sa Fédération régionale de la Sécurité sociale de l’alimentation.
La formule a résonné comme un fil rouge tout au long de la matinée : « Bien se nourrir est un droit et non un privilège ». Un principe simple, défendu par Fabrice Voillot et Claire Mallard, conseillers régionaux, et repris par le président Jérôme Durain.
Car lorsque les difficultés économiques contraignent certains ménages à arbitrer entre alimentation, logement ou énergie, bien manger devient aussi un enjeu de protection des populations et de santé publique.
C’est tout le sens de la Sécurité sociale de l’alimentation (SSA) : faire progressivement émerger un droit universel à une alimentation suffisante, choisie et de qualité, sur le modèle des grandes conquêtes sociales.
Une Région pionnière, aux côtés de ceux qui agissent
La Bourgogne-Franche-Comté est la première Région française à fédérer les initiatives de SSA à cette échelle. Mais il ne s’agit pas de construire un dispositif depuis un bureau pour l’imposer aux territoires. La nouvelle fédération régionale doit au contraire s’appuyer sur ce qui existe déjà, mettre en réseau les projets locaux et créer un espace de dialogue entre collectivités, associations, acteurs de la solidarité, agriculteurs, professionnels de santé et citoyens.
Concrètement ? Des caisses locales réunissent des citoyens qui cotisent selon leurs moyens et bénéficient en retour d’un budget dédié à leur alimentation. Cette somme peut être dépensée auprès de producteurs, artisans ou commerces locaux préalablement sélectionnés et conventionnés. Des initiatives de ce genre existent déjà du côté de Lons-le-Saunier, justement, mais aussi à Joigny, à Tournus, à Autun, à Besançon …
« C’est gagnant-gagnant : c’est gagnant pour le consommateur qui peut avoir accès à des produits de qualité et c’est gagnant pour le producteur qui a un débouché sécurisé et financé », résume Jérôme Durain. Un cercle vertueux auquel le président ajoute deux bénéfices collectifs : la santé et le lien social.
« Changer le petit bout de monde qui est le nôtre »
La Région entend désormais donner les moyens à cette dynamique de grandir. Un règlement d’intervention est prévu pour 2027 afin de soutenir les initiatives locales, tandis que la faisabilité d’une future « carte vitale SSA » à l’horizon 2028 doit être étudiée.
Avec une ambition forte, mais sans présenter comme acquis un modèle qui reste à construire :
Jérôme DURAIN, président de la Région Bourgogne-Franche-ComtéIl s’agit d’amorcer la pompe, avec une immense ambition, parce que chaque fois que l’on s’engage dans un projet comme ça, c’est pour changer le monde, le petit bout de monde qui est le nôtre. Avec tout de même beaucoup de modestie, parce qu’on sait bien que l’on tâtonne, que l’on expérimente. Et puis, peut-être avoir du concret assez vite ?
Ambition, expérimentation et ancrage dans les territoires : la Bourgogne-Franche-Comté veut ainsi faire la démonstration qu’après le droit de se soigner, le droit de bien se nourrir peut, lui aussi, devenir une nouvelle conquête sociale.
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